Un « au revoir » laïque pour Michel Serres

S’il appartenait à Michel SERRES et donc à sa famille de respecter ses dernières volontés, à savoir célébrer une messe en la cathédrale Saint-Caprais d’Agen le samedi 8 juin, il n’en n’est pas de même pour l’Institution de l’Académie Française.

L’Académie Française fait partie de la démocratie républicaine française, au sens institutionnel et philosophique du terme, à savoir la liberté de l’institution à s’organiser hors de toute référence à une règle extérieure et/ou dite supérieure ; de ce fait, l’Académie Française ne peut pas « faire dire une messe » pour la mémoire du fauteuil n°18, et, en la circonstance, de Michel SERRES.

Sinon l’assujettissement de cette institution née sous la monarchie est, comme la France d’alors, resté fille aînée de l’Eglise. La séparation n’est plus du fait de la loi, mais de sa négation et reste le poids de l’usage et des coutumes.

Etre reçu sous la coupole file bon la métaphore avec la réception à l’Académie Française d’un nouveau membre. Cependant, si la coupole est surmontée d’un dôme elle n’est pas surmontée d’un dogme. Et devenir « immortel » file aussi d’une métaphore et non d’une quête sotériologique.

L’Eglise catholique avec le message pontifical de Noël 1944 de Pie XII, admet et accepte la démocratie ; quel intérêt a l’Académie Française à jouer le communautarisme ! Sinon de répondre à un autre communautarisme des islamistes politiques. Faire société n’est pas tout accepter. Il faut que le politique comme les grands commis de l’Etat arrêtent avec le « pas de vague », qui est l’antichambre de la permissivité groupusculaire. 

L’importance de l’action culturelle et pédagogique passe par les relais de l’éducation populaire, ce que l’Ufal propose en divers lieux du territoire national, tels Pantope, personnage de Michel SERRES. Ainsi, ce dernier avançait ses arguments : à l’ère de l’écologie, après le contrat social, un contrat naturel qui ferait de la Terre un sujet de droit, déclare que le monde est beau, et que le paradis est cette terre. Nous ne pouvons « prédire » l’avenir, écrivait-il, « au sens de la prévision, mais nous devons le préparer, au sens de la prévoyance ». Là est le combat laïque, là est le combat de l’Ufal.

Alexandre PICHOT Président de l’UFAL-Toulon

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