Qu’est-ce que la laïcité ?

Le 9 décembre, la loi de séparation des Eglises et de l’Etat a eu 114 ans. Mais qu’est-ce que la laïcité ?

La laïcité, c’est la liberté de conscience

La liberté de conscience est celle de ne pas croire, ou de croire, ou de changer de conviction, ou de n’en afficher aucune : le droit de « n’être comme personne »…

Avant et après 1905

Avant 1905, les Français étaient obligés de se déclarer catholiques, protestants, ou juifs. Aucune autre conviction n’était « reconnue », encore moins l’absence de conviction !
Après 1905, la liberté de croire, de ne pas croire, ou de s’en moquer, est « assurée » par la République, c’est- à-dire que les autorités publiques ont obligation de veiller à son respect !

La laïcité c’est ensuite le libre exercice des cultes

Les autorités publiques « garantissent » (= « empêchent qu’on empêche ») la liberté de culte. Mais cette liberté est limitée par « l’ordre public », c’est- à-dire les obligations et interdictions définies par la loi (santé, protection des mineurs, liberté de circulation, etc.).

La laïcité c’est SURTOUT (c’est le titre de la Loi de 1905) : la « séparation » des Eglises et de l’Etat

Le principe de séparation (qui donne son titre à la loi de 1905) protège la « sphère publique » (intérêt général) de toute influence des religions (intérêts particuliers). En même temps, il protège l’indépendance des religions face aux pouvoirs politiques.
Les religions organisées ne sont ni des services ni des organismes publics, mais seulement des associations privées (comme les clubs sportifs), qui se forment librement, et entre lesquelles les pouvoirs publics n’ont pas à faire la différence.
L’État et les collectivités publiques n’ont le droit de verser aucune aide financière publique à une association religieuse, ni pour son fonctionnement, ni pour la construction de lieux de culte.

LA LAÏCITÉ,CE N’EST PAS

La laïcité, c’est seulement la loi qui s’impose à tous, ce ne peut donc être une conviction particulière, comme l’athéisme (refus de tout dieu). Un « militant laïque » est quelqu’un qui lutte pour faire respecter le principe de laïcité, qu’il soit lui-même croyant ou non croyant.
La laïcité a offert la liberté à toutes les religions (article 1er de la loi de 1905). Un État laïque n’est donc pas antireligieux : il veille seulement à empêcher « le cléricalisme », c’est-à-dire les tentatives possibles de toutes les religions pour imposer leurs lois particulières à l’ensemble de la société (par exemple sur le mariage, la contraception, la nourriture, etc.). Mais en aucun cas la laïcité ne doit être détournée contre une seule religion !
Si la laïcité c’est la loi, tout adjectif sert à la dénaturer ! Laïcité « ouverte », « plurielle », « positive », « de reconnaissance »… ce n’est plus la laïcité. Oserait-on imaginer une conception « ouverte » du « Code de la route » pour permettre de franchir la ligne blanche ?
le but de la laïcité est de libérer aussi bien la « sphère publique » que la liberté de conscience individuelle. Pour cela, il faut bien que les pouvoirs publics et l’école publique soient neutres, et indépendants de toute religion. Mais les religions, comme toutes les autres formes d’association, s’exercent librement dans l’espace civil (y compris « l’espace public », comme la rue) du moment qu’elles respectent l’ordre public…

La laïcité, ça sert à quoi ?

Assurer l’égalité de tous devant la loi

Le principe de laïcité (inscrit dans la Constitution) interdit à quiconque de refuser de respecter les règles communes au nom de sa religion. La loi s’applique également à tous sans considération de conviction. Aucune religion n’a de droits particuliers.

Permettre l’émancipation des individus

La laïcité, que ce soit celle de l’école ou celle de la République, permet à chacun de se libérer de toutes les influences religieuses, familiales, communautaires (que l’on n’a pas choisies), et de se forger librement ses propres convictions. Ni l’État ni les religions ne doivent porter atteinte à la « liberté de conscience ».