Pourboire, oui … mais pour manger ? Et pour se loger ?

ILLUSTRATION − PHILIPPE HUGUEN / AFP

Pour soutenir les métiers de la restauration, le Président Emmanuel Macron a annoncé la défiscalisation des pourboires payés par carte bancaire aussi bien pour l’employeur que pour le salarié.

Cette annonce met surtout en évidence la faiblesse des salaires de ce secteur. N’est-il pas envisageable de mieux rémunérer ces emplois, soumis aux horaires décalés et au travail de nuit. Que les toques applaudissent pour une mesure qui ne leur coûtent rien, nous le comprenons aisément. Fonder l’engouement des métiers de service en restauration sur la défiscalisation du paiement par carte parait être une bien faible promotion pour cette branche d’activité.

De précédentes tentatives et pas seulement financières dans ce milieu de la restauration furent entreprises. Le Président J. CHIRAC avait diminué le taux de T.V.A. à 5,5 % dans ces métiers pour une meilleure reconnaissance, tant sur la rémunération que pour les conditions de travail et accessoirement sur l’addition du « gastronome client ». Mais l’attente ne fut pas au rendez-vous, comme l’embauche, la revalorisation des salaires, les conditions de travail à flux tendu… 

Si cette annonce n’officialise pas le pourboire, elle formalise une volonté de notre Président de donner une place au moins extra-comptable aux pourboires. Pourtant, selon le Larousse, les synonymes de pourboire sont : bakchich, gratifications, pot-de-vin !

Le financement de notre société sociale repose sur le travail. Ainsi les cotisations permettent une sécurité sociale pour tous, employés, employeurs, chômeurs retraités … mais aussi le système de retraites par répartition, tant envié par nos voisins européens. La solution repose sur une meilleure rémunération de ces métiers de service. 

La relance du secteur de la restauration passera par des salaires attractifs et non pas sur un « plus » aléatoire. Cette annonce parait être une fausse bonne idée, un effet d’aubaine sinon pour les employeurs, pour notre Président qui rentre en campagne avec une philosophie de la rétribution du travail à l’américaine. Un virage assumé, truisme d’un libéralisme libéré.

Alexandre PICHOT – Président de l’Ufal Toulon.

Actuellement, le pourboire dans la restauration est encadré par les articles L3244-1 et L3244-2 du Code du travail, ainsi que les articles R3244-1 et R3244-2.

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